Club allié au Yacht Club de France

Le couteau entre les dents...

Une deauvillaise autour du monde

Dominique Weber

La Clipper Race Round the World en détails :

www.clipperroundtheworld.com

Dernier round 3 - mardi 24 juillet 2018 - 20:18

Nuit de lundi à mardi (minuit -4h) : le plancton met des étoiles d’argent dans la mer, c’est superbe. Mais il faut toujours aussi froid !

 

Faisons maintenant une étude sociologique de ce cher Visit Seattle.

Comme beaucoup de sociétés, la notre comprend 3 classes.

Parlons donc du traveler où barre d’écoute. Situé dans le cockpit et le séparant en 2 parties, il est une frontière entre deux mondes : la noblesse et le tiers-état.

Si nous parlons superficie, la noblesse représente 1/5 de la surface du cockpit.

 

Côté noble, nous trouvons donc la barre, les canots de survie et le matériel de sécurité. Ici on trouve les « tourdumondistes » du bord. Très accrochés à leurs privilèges, persuadés que personne n’égale leur savoir.

 

Côté tiers-état, on trouve les winches et moulins à café. C’est le domaine des bras, des jambes mais en aucun cas de la tête. Essayez de réfléchir quand vous moulinez un winch tout en essayant de garder l’équilibre car vous êtes à 45 degrés !  Votre cœur bat la chamade, vos bras n’en peuvent plus... aucune chance de se servir de sa tête.

Il est très difficile d’accéder à la noblesse de cette façon et c’est une lutte à chaque quart...

ils laissent de temps en temps la plèbe accéder pour quelques instants à la barre, emblème suprême de pouvoir à bord. Dans ce cas et après 30 minutes de tour de manège, on est renvoyé dans ses quartiers, c’est à dire de l’autre côté du traveller.

 

Le dit traveler est constitué d’une barre en travers du bateau et pour accéder à la noblesse le tiers état doit ramper dessous pour passer de l’autre côté.

Serait ce une forme d’ allégeance ? Non, une question de sécurité.

Quelques rares individus accèdent à la noblesse. Disons 3 ou 4 en tout à bord !

 

Il reste ensuite une troisième partie sur le pont.

C’est la proue. Ici s’installe une bourgeoisie toute masculine. C’est ici que l’on change les voiles, monte au mât, fait l’acrobate sur le bout dehors. Quelques rares femmes arrivent, après s’être positionnées en pôle position, à courir plus vite que les hommes et à être à l’avant d’un bateau pour une manœuvre. Dans ce cas, on leur dit gentiment de sortir la voile de la soute (100 kg minimum). Ça calme ! Ou alors on les met sous le vent à l’affalage du génois. Accrochées au génois et décollant du pont à chaque vague, on les somme de faire en sorte que cette p... de voile descende sur le pont ! On leur explique ensuite qu’elles feraient bien de laisser la place aux hommes qui sont forts et auraient été beaucoup plus vite. C’est vrai !

Mais pas question pour elles de monter au mât (Elles sont pourtant plus légères et plus souples !)

 

Par contre, nous sommes envoyées dans le carré, je n’ose dire à fond de cale, pour plier les 330 m2 de spi qui descendent jusqu’à 3 ou 4 fois en 3h !

 

Bref... une société comme les autres !

Je crois que nous devenons féministes à bord !

Pourtant il y avait plus de femmes que d’hommes à bord quand Visit Seattle a gagné l’étape d’Airlie Beach en Australie. Et elles arrivaient d’Hobart.

A suivre…

1280

960

768

667

440

375

320