Club allié au Yacht Club de France

Le couteau entre les dents...

Une deauvillaise autour du monde

Dominique Weber

La Clipper Race Round the World en détails :

www.clipperroundtheworld.com

12 juin 2018

Ça y est, on a démarré l’"Océan sprint".

Nikki a fait passer des tests à la barre car seuls les meilleurs vont barrer pour ces 180 miles de sprint. On refait pour 48h des quarts de 4h avec des rotations de 30 mn de barre.

J’ai gagné le droit de commencer et faire le départ. Le bateau est lourd, épuisant, mais on arrive à surfer à 14 nœuds par moment.

Mon second poste est au réglage du spi : l’écoute à la main et au bout 330 m2 de voile ! Pas de tout repos non plus.

Et s’il me prenait l’envie de m’ennuyer, il a toujours une place de libre au moulin à café !

Donc pendant 2 jours, vous n’aurez plus de mes nouvelles car il faut que je dorme quand c’est possible.

Il faut toujours aussi chaud à l’intérieur, on dégouline mais on est presque à plat. Moins épuisant que lorsqu’on est à 45 degrés !

On est un peu au bord du psycho drame car beaucoup se prennent pour des caïds et Nikki a tranché sur les barreurs et les régleurs. C’est sans appel et certains vont devoir dégonfler des chevilles... plutôt "fun" !

Notre seule tactique maintenant : aller tout droit le plus vite possible !

Contrairement aux prévisions, le vent n’a pas molli devant, donc il faut être les meilleurs à la barre et au réglage.

Je vais me reposer, il me reste 2h.

A dans 2 jours !

 

13 juin 2018

On a fini l’"Océan sprint" et... on n’a rien eu !

23h30 : mon quart de réveille pour monter sur le pont. Nous marchons à plus de 13 nœuds depuis le début. À la barre, c’est une tension de tous les instants. On y croit !

Puis un claquement énorme suivi de l’arrêt du bateau. Nous sommes passés sous un squale (nuage noir qui donne 40 nœuds de vent) que nous n’avons pas vu. Code 2 et bateau au tapis. 20 minutes d’efforts de tout l’équipage pour rétablir la situation, mais pendant ces 20 minutes, nous avons marché à 2 nœuds. C’est fini, nous venons de perdre l’"Océan sprint !

Il faut malgré tout finir la course en gardant Dare to Lead et Liverpool derrière nous.

Le vent s’écroule en fin de nuit. On se traîne...

Les orages nous entourent et nous n’avançons pas. Tellement peu qu’a 5h du matin, je décide de faire 2 pithiviers ! Nous espérons être à New York dans 2/3 jours.

Les tensions à bord remontent... je n’en peux plus d’avoir les cheveux gras, de ne jamais être au sec, mouillée de sueur et d’eau salée. Nous commençons tous à avoir des boutons. Dehors on cuit au soleil, dedans on ruisselle ! Certains arrivent sur les quarts avec le regard hagard. D’autres ont le visage fermé. Je vais parfois m’isoler 10/15 minutes dans une voile d’avant, histoire de prendre l’air et de chanter. C’est très mal vu par les anglais. J’essaie de faire quelques photos. Pas le courage d’écrire un blog en anglais pour le site de Clipper.

J’ai hâte d’être à New York !

Et j’espère qu’on arrivera de jour. Passer sous le pont Verazzano, remonter l’Hudson, saluer Miss Liberty...

 

14 juin 2018

Demain nous serons à New-York !!!

Plus qu’une nuit en mer... tout le monde est très excité par cette arrivée. Du coup, les tensions s’estompent.

J’ai travaillé sur l’avitaillement. Cela devrait s’améliorer mais l’anglaise garde le "victualling". Elle a tout de même perdu un peu de son pouvoir sur le sujet.

On devrait couper la ligne d’arriver dans la nuit, avec... 2 bateaux derrière nous. Pas brillant !

Il faut qu’on soit bon sur la transat. Nous attendent le froid et probablement une grosse mer puisque notre route passera près du Groenland et de l’Islande.

On est sous spi à 10 nœuds. Presque à plat !

Les genouillères n’étaient donc pas de sortie ce matin. Cela fait du bien !

A suivre…

1280

960

768

667

440

375

320