Club allié au Yacht Club de France

Le couteau entre les dents...

Une deauvillaise autour du monde

Dominique Weber

La Clipper Race Round the World en détails :

www.clipperroundtheworld.com

22 mai 2018

Au moteur 1

Au moteur à 6 nœuds depuis notre arrivée avec Dare to Lead en remorque.

900 miles pour le Costa Rica pour une escale de quelques heures afin de refaire du gasoil, puis direction Panama et… une douche !

Donc 5 à 6 jours de moteur.

On commence à désosser le bateau pour tout nettoyer et remettre en état. Toujours cela de moins à faire à Panama. Le mari de Guylaine nous a trouvé une chambre à Panama, histoire de souffler, faire les lessives... et en profiter un peu. Glaces, cocktails et bières sont au programme !

A 16 h, nous avons prévu un arrêt et une baignade en mer avec Dare to Lead. Cela va nous rafraîchir... un peu. L’eau est à 30 degrés.

Personne à l’horizon. Quelques dauphins, des tortues, du plancton fluorescent bleu la nuit.  Très peu d’oiseaux. Trop peu ????

Finalement ces 19 jours de course auront passé très vite. A partir de 4 jours, j’ai perdu la notion du temps.

Le plus pénible : le manque de sommeil et maintenant cette chaleur écrasante qui nous empêche de dormir même la nuit.

Une belle expérience humaine : faite de concessions sans cesse pour vivre à 19 dans nos 23 m de bateau. Pas facile de trouver sa place parmi 10 personnes qui sont ensemble sur le bateau depuis 8 mois, trouver sa place de femmes dans ce monde qui reste un monde d’hommes. Partager sa culture, parler, raisonner, rêver en anglais...

Aujourd’hui je suis de cuisine. Debout depuis 2 h du matin puisque le hasard des quarts faisant, j’étais de quart de 2 h à 8 h puis en cuisine jusqu’à 22 h. Une longue journée !

La tension se relâche. On rêve de notre escale. Puis d’une belle place à New-York !

Je rêve aussi... d’une vraie nuit !

 

Au moteur 2

Nous continuons notre route au moteur. Encore 700 miles pour le poste d’avitaillement du Costa Rica. C’est-à-dire environ 1 300 km.  A 6 nœuds de moyenne, on n’est pas arrivé !

Aujourd’hui, on vérifie les cordages et on démonte les winches. Dégraissage au gasoil de toutes les pièces ( toujours agréable par 30 degrés...). Regraissage et remontage.

Heureusement on a un taud de pont. Sans lui, on serait grillés.

On perd des litres de transpiration par jour. On a les cheveux collés par le sel et la sueur.

Plaisance = plaisir ?

Seule notre baignade dans le Pacifique une fois par jour nous procure un moment de bonheur. Mais on a aperçu un requin ce matin. Cela a fait baisser notre enthousiasme.

Je suis devenue consultante en cuisine, essayant d’inventer des salades avec les boîtes de "beans" et ce que je trouve à bord comme conserve. Si seulement nous avions des boîtes de thon... certains savent maintenant faire une vinaigrette. Mieux que la traditionnelle mayonnaise par cette chaleur.

Je n’ai pas réussi à dormir les 10 heures auxquelles j’avais droit après ma longue journée de cuisine. Je suis éreintée.

Je viens seulement de réussir à dormir une heure pendant la sieste... Cette nuit, je n’aurai droit qu’à 3 h de sommeil. Je ne comprends pas pourquoi notre skipper veut les 9 personnes du quart sur le pont alors que nous sommes en remorque.

Je suis affectée au moteur. Clairement, on consomme de l’huile et pas de fumée suspecte en sortie. Serait on en train de faire de la mayonnaise à l’intérieur ?

Je ne trouve même pas le courage de lire...

Pour économiser le gasoil, le générateur tourne très peu et ma batterie de secours ne charge plus. Peut être n’aurez vous plus de mail jusqu’à Panama.

Merci pour tous nos mails, ils me remontent le moral quand il baisse !

 

Au moteur 3

Il nous reste 3 jours de gasoil.

Ensuite il faudra rejoindre le Costa Rica à la voile... ça déprime un peu car dans 3 jours nous serons encore loin. On voit notre escale à Panama diminuer de jour en jour. Et nous sommes arrivés 2!

On a réparé tous nos cordages, démonté presque tous nos winches, en cuisant sous le soleil. Heureusement le taud a fait son apparition. Nous faisons maintenant des jeux... mais chacun rêve d’un douche, d’une glace et d’une machine à laver. L’odeur de sueur rance s’ajoute à celle des pieds. Et je ne suis pas certaine que les 6 oignons par repas imposée par la "victualer" contribue à améliorer notre odeur. "Bloody English !"

Nous longeons maintenant le Salvador.

De rares tortues flemmardent à nos côtés.

 

Au moteur 4

On craque... on n’avance pas et on voit notre escale à Panama se réduire de jour en jour. Le passage du canal est mardi matin à 5 h.

En l’état actuel des choses, on arrive au mieux samedi midi.

Même la baignade d’hier a été de courte durée. Pour ceux que la vue de 2 orques et un requin n’avait pas arrêtés, les méduses ont eu raison d’eux en 3m, invisibles depuis le pont du bateau.

Petites mais efficaces !!!

Alors on se traîne, trempés de transpiration, admirant au passage les tortues qui nous croisent. Certaines transportent un oiseau sur le dos !

Et maintenant : plus de générateur pour économiser le gasoil. Plus de toast le matin et surtout plus de recharge des portables... je garde précieusement mon téléphone chargé mais ne pourrait bientôt plus lire sur mon iPad. L’heure est donc à la méditation prochaine !

A suivre…

Ensuite il faudra rejoindre le Costa Rica à la voile... ça déprime un peu car dans 3 jours nous serons encore loin. On voit notre escale à Panama diminuer de jour en jour. Et nous sommes arrivés 2!

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